Il est un lieu à La Ciotat que j'adore. Il s'agit d'une digue, dans le port industriel, bordée d'un côté par les falaises du Mugel, en face de l'île Verte et d'une mer sans fin. Un endroit magique laissé aux mains d'artistes graffiteurs. Se promener là au moment du coucher du soleil, bercé par le clapotis de l'eau, et généralemnt la délicieuse compagnie de ma mère, est un rêve. D'un côté cet infini, mêlé à la sensation de sentir toute l'histoire de cette mer Méditerranée, des siècles passés, de respirer une sorte d'immortalité, et, de l'autre la découverte, chaque fois différente, de cette succésion de graffitis, qui se mélangent, se superposent, se phagocytent, sont une multitude et ne sont qu'un. Ce n'est plus un défilé d'oeuvres les unes à côté des autres, mais une seule, évolutive, qui s'autoalimente. Et au milieu de ce grand serpent qui semble vivre et raconter des milliers d'histoires qui sont la nôtre, entre les plaines d'un Arizona lointain et l'intérieur d'un vaisseau intergalactique, m'est apparu celui ci. Tout me plait les teintes, la force du trait, le sujet, la douceur mélée de dureté, la vie, les jolies lèvres sensuelles, esquises de tendres baisers, le doigt... le fleurette et le chat sous son lampadaire.
J'avoue que j'ai éprouvé un regret à ne pas pouvoir le posseder, de son accessibilité et en même temps de son innaccessibilité. Certes j'aimerai pouvoir le contempler à la maison, le voir à côté d'un portrait de Antonio Muñoz, mais cela serait contraire à son essence, celle de sa liberté.
Si par hasard, je le désire, son artiste lit un jour ce post, je souhaite le remercier de ce joli cadeau qu'il m'a fait, de ce moment merveilleux passé à contempler ce visage... Et grâce à cette photo de pouvoir me souvenir de comme il était au moment vu... Sinon je le transformerai, il serait d'ailleurs intéressant de comparer son évolution sur le mur et mon évolution dans ma mémoire...
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